Pentaxe & 8 séquences

La Graine

écrit par Pauline Mauroux et Eloïse Lang (2023)

Après des années de PMA en Belgique, deux femmes découvrent que la clinique qui les suit les a trompées ; ce qui devait être un parcours éprouvant mais balisé bascule alors en cavale absurde pour trouver, coûte que coûte, “la graine”.

Problème principal : interpersonnel, intime & institutionnel Registre : comédie Question : comment ne pas laisser un système pourri détruire un couple, ses valeurs, et son idée même de la famille ?
Fiche Pentaxe

Inès & Lucie

  • 1

    Totem : Inès — “Je suis quelqu’un qui veut faire famille, faire foyer, faire cocon.” / Lucie — “Je suis quelqu’un qui veut comprendre, nommer les choses, et ne pas se faire enfumer.”

    Chez Inès, le vivant passe par le lien, la maison, l’élan vers l’enfant. Chez Lucie, il passe par la lucidité, la parole, le refus du flou. Le film les met en vrac exactement à cet endroit-là.

  • 2

    Plus grande peur : pour Inès c'est la peur du vide / pour Lucie c'est la peur de se perdre, de se trahir.

    Inès a peur que sa vie, son amour et sa valeur ne “comptent” pas pleinement sans cet enfant. Lucie a peur d'être engloutie par une vie qu’elle n’a pas vraiment choisie et de n'être plus alignée avec ses valeurs et son intégrité (c'est une journaliste). Ces deux peurs fabriquent deux manières très différentes de dérailler, mais elles se nourrissent l’une l’autre dans le couple.

    ↳ Plus gros défaut : Inès devient obsessionnelle, absolutiste, aveugle au réel. / Lucie devient surcontrôlante, presque cynique.

    Plus Inès a peur du vide, plus elle réduit tout au projet bébé. Plus Lucie sent que la situation lui échappe, plus elle veut cadrer, commenter, maîtriser.

  • 3

    Carapace : Inès est celle qui y croit, coûte que coûte, qui ne perd pas espoir. Lucie elle endosse celle de "l'enquêtrice", la journaliste à qui on ne l'a fait pas.

    Inès protège sa plus grande peur par le fantasme et le surinvestissement. Lucie protège la sienne par la distance, la lucidité armée et la prise en main. L’une idéalise, l’autre décortique.

  • 4

    Objectif initial : Inès veut avoir un enfant coûte que coûte. Lucie veut faire fonctionner ce projet sans perdre la main : réussir “proprement”, efficacement, sans y laisser son intégrité.

    Les deux objectifs sont crédibles, mais ce sont bien des fausses pistes. Inès croit que l’enfant va remplir le manque qu'elle ressent ; Lucie croit qu’elle peut traverser ce chaos systémique tout en gardant le contrôle.

  • 5

    Contradiction : Inès navigue entre le processus un peu déshumanisant et laborieux de la PMA vs l'image idéale, rassurante, presque mythologique, de la famille parfaite. Lucie est tiraillée entre son amour profond pour Inès vs son besoin vital de rester fidèle à ses valeurs et à elle-même.

    Le film travaille moins une opposition “croyante / sceptique” qu’un tiraillement plus fin : comment ne pas se laisser broyer par un système injuste ?

Rappel du Pentaxe :

Totem C’est ce que le personnage est au plus vivant : son noyau, sa force, son identité profonde. C’est sa qualité principale qu'il mettrait en avant : “Je suis quelqu’un de…”. Au fil de l’histoire, il devra soit assumer ce Totem aux yeux de tous, soit le réorienter, soit y renoncer — et dans ce cas-là, faire en plus le deuil d’une certaine image de lui-même.

Plus grande peur C’est la peur centrale, intime, existentielle, que le personnage fuit plus que tout. C’est sa vulnérabilité profonde, celle qu’il cherche à ne surtout pas revivre, toucher ou révéler. De cette peur découle souvent son Plus gros défaut : la manière concrète, visible, l'adjectif montrant comment cette peur déborde dans son comportement. Il ne maîtrise ni l'une, ni l'autre. Mais il devra l'affronter en séquence 6.

Carapace C’est ce que le personnage met en place pour cacher sa Plus grande peur. Donc ça il la maîtrise. Sa Carapace est visible, sociale, maîtrisée : c’est la manière dont il se présente au monde, le rôle qu’il joue, l’image qu’il donne, ce qu’on pourrait dire de lui dans son dos. Elle lui permet soit de "justifier" son Plus gros défaut, soit de le camoufler. Il commencera à l'abandonner après le Midpoint, en séquence 5.

Objectif initial C’est ce que le personnage croit devoir obtenir pour aller mieux. Cet objectif s’incarne dans une action précise : décrocher ce poste, reconquérir cette personne, gagner ce procès, sauver cette réputation, quitter cet endroit… Il est souvent déterminé depuis sa Carapace, et constitue donc régulièrement une fausse piste - qui sera aussi abandonnée au Midpoint, avec l'échec du Premier plan.

Contradiction C’est ce qui, en lui, tire dans un autre sens. Elle complexifie son fonctionnement, empêche le personnage d’être monolithique, et crée une tension interne que le récit va mettre au travail. Elle aide aussi à incarner concrètement le thème de l’histoire.

Structure en 4 actes et 8 séquences

Séquence 1 Un monde ordinaire déjà colonisé par le projet bébé (bar lesbien, appartement, chambre d’enfant, routine PMA) le monde ordinaire

Ce qui se passe dans le film

Inès et Lucie vivent ensemble, veulent un enfant, enchaînent les tentatives de PMA en Belgique, et leur appartement entier respire déjà l’attente d’un enfant qui n’est pas là. La chambre est prête, les hormones épuisent Inès, Lucie s’abîme dans un travail alimentaire qu’elle méprise pour financer les allers-retours, et le quotidien du couple semble désormais structuré par cette seule promesse.

Impact sur Inès & Lucie (Pentaxe)

Le Monde ordinaire montre déjà que le désir d’enfant a déformé leurs équilibres. Chez Inès, le Totem du cocon et de la famille est déjà capté par une Carapace de croyance absolue : elle tient le projet comme une promesse sacrée. Chez Lucie, le Totem de lucidité et de vérité est déjà contrarié par une vie qui la désaligne ; sa Carapace d’enquêtrice sarcastique est installée. Leurs Plus Grandes Peurs sont déjà là en creux : pour Inès, le vide ; pour Lucie, le risque de se trahir. Leurs Objectifs initiaux sont donc déjà en place, même sans être reformulés frontalement.

À piquer pour ton scénario

  • Faire sentir le monde ordinaire par des détails de routine et de décor, pas par de longues explications.
  • Montrer que deux personnages peuvent habiter le même quotidien sans être dans la même histoire intérieure.
  • Installer le vrai problème avant l’Élément déclencheur : ici, le projet a déjà colonisé le vivant.
Point de bascule Élément déclencheur (la clinique belge est un leurre, le protocole explose) Élément déclencheur

Ce qui se passe dans le film

À la clinique, Lucie se met bille en tête qu'il y a quelque chose de louche à trouver. Elle enquête, fouine, et découvre que Dr. Peeters coupe les paillettes à l’eau !! Lui se justifie car il n’y a plus de stock réel de donneurs... mais il est pris la main dans le sac.

Impact sur Inès & Lucie (Pentaxe)

L’Élément déclencheur détruit le cadre "balisé" qui soutenait leurs Objectifs initiaux. Pour Inès, il attaque sa Carapace de foi dans le protocole, mais lui offre aussi un faux soulagement : si le système mentait, alors son corps n’est peut-être pas seul en cause. Pour Lucie, la révélation confirme son Totem de lucidité, mais active aussi sa Plus Grande Peur : rester dans ce dispositif, c’est risquer de se compromettre davantage. Le film percute donc à la fois leur stratégie de surface et leur équilibre de couple.

À piquer pour ton scénario

  • Faire d’un Élément déclencheur une révélation qui ne provoque pas la même lecture chez tous les personnages.
  • Laisser le spectateur comprendre que le vrai problème est plus vaste que le simple obstacle logistique.
  • Percuter à la fois l’objectif et la Carapace, pas seulement l’intrigue extérieure.
Séquence 2 Comment on gère ce désastre ? (sidération, soulagement toxique, compromission) Point de non-retour

Ce qui se passe dans le film

Après la découverte de la fraude, Lucie veut tout dénoncer dans Mediapart et faire l'enquête du siècle. Inès y voit au contraire leur salut, déjà 1) ce n'est pas de "sa" faute, et 2) elles ont quelque chose à tirer de cette situation. Lucie accepte et elles donnent un ultimatum à Peeters : il a quarante-huit heures pour leur trouver le meilleur sperme de Belgique, sinon elles balancent tout à la presse et font fermer la clinique. Le Point de non-retour est là : elles renoncent à revenir à une logique de soin ou de procédure pour basculer dans une quête clandestine.

Impact sur Inès & Lucie (Pentaxe)

La séquence 2 montre leur réaction immédiate au choc. Inès répond en redoublant d’attachement à son Objectif initial : puisqu’il y a encore une possibilité, il faut aller jusqu’au bout. Lucie, elle, agit contre sa propre alarme intérieure et accepte le deal clandestin par loyauté amoureuse. Le Point de non-retour est concret : elles sortent du cadre médical pour entrer dans une logique de combine. Leur futur Premier plan se prépare ici : chez Inès, l’escalade ; chez Lucie, le contrôle offensif.

À piquer pour ton scénario

  • Faire du Point de non-retour une décision matérielle visible, pas un simple basculement psychique.
  • Montrer que le personnage peut mal interpréter une révélation pourtant juste.
  • Faire naître le plan suivant d’un refus du réel plutôt que d’une vraie solution.
Séquence 3 Le Premier plan (partir à la chasse à “la bonne graine”) Premier plan

Premier plan d’Inès & Lucie

Inès pousse le “coûte que coûte” : obtenir enfin l’enfant rêvé, immédiatement. Lucie met en place un Premier plan de contrôle : surveiller Peeters, cadrer la quête, garder la main pour empêcher la catastrophe.

Ce qui se passe dans le film

Le trio part sur le campus pour trouver le meilleur sperme de Belgique, du bon sperme vigoureux.Le plan prend alors une forme très concrète : repérages, approches ratées, candidats grotesques, discussions absurdes, malaises en série. Le désir d’enfant se transforme en chasse logistique, presque en casting.

Impact sur Inès & Lucie (Pentaxe)

Le Premier plan est entièrement piloté par leurs mauvaises réponses au problème. Inès absolutise encore plus le but. Lucie croit qu’elle peut traverser cette mascarade sans s’y salir. Leurs défauts prennent le volant : obsession d’un côté, contrôle de l’autre.

À piquer pour ton scénario

  • Donner une forme d’action simple et visible au Premier plan.
  • Faire exister deux stratégies psychiques différentes à l’intérieur d’un même objectif collectif.
  • Aligner le Premier plan sur la Carapace et la Plus grande peur, pas sur le vrai besoin du personnage.
Séquence 4 Le premier obstacle et les premières conséquences (fuite en avant) Premier plan

Ce qui se passe dans le film

La quête continue et les filles forcent Peeters à les emmener dans une clinique flamande ultra-luxueuse, la clinique "ennemie" de Peeters, "du fric, du fric, du fric". Et en effet, on est loin de sa clinique à lui qu'il défend comme "artisanale" : le hall pourrait être un hall d’hôtel, les hôtesses proposent des tisanes comme au SPA, et les filles découvrent l'hypermarchandisation : catalogue en ligne, programme “sosie de célébrité”, logique de tri social à peine maquillée. Elles croient toucher enfin une solution premium, mais tout capote : c’est hors de prix, puis Peeters sabote la visite, et elles se font jeter.

Impact sur Inès & Lucie (Pentaxe)

Cette séquence fait monter le coût moral du Premier plan. La version “clinique miteuse” était pourrie ; la version “clinique chic” l’est autrement, mais elle l’est aussi. Inès s’accroche quand même à l’idée qu’il doit bien exister une issue quelque part. Lucie, elle, voit de plus en plus clair sur la violence du système, mais cette lucidité ne les aide plus à avancer ensemble : elle devient matière à clash.

À piquer pour ton scénario

  • Ne pas faire du premier obstacle un simple “non” : le faire changer de visage.
  • Montrer que deux versions opposées d’un système peuvent être toxiques toutes les deux.
  • Faire payer au couple un prix relationnel avant le vrai effondrement.
Point de bascule Midpoint (la fraude révélée requalifie tout le récit) Midpoint

Ce qui se passe dans le film

Après l’échec de la clinique des riches et une dispute plus violente que les précédentes, Mme Peeters lâche enfin un secret : son mari est stérile, et les enfants ne sont pas de lui. Elle leur donne alors le nom de celui qui lui a permis d’avoir sa “belle famille” : Baudouin. D’un coup, un nouvel espoir surgit, totalement hors des clous.

Comment il rebat les cartes

Chez Inès, ce Midpoint transforme un effondrement en faux nouvel espoir : elles ne sont pas dans une impasse, un plan parfait semble tomber du ciel grâce à Mme Peeters. Chez Lucie, il valide son intuition mais l’oblige à choisir entre intégrité et fidélité à Inès. Montrer qu’il y a un nouvel espoir après le Midpoint : cet espoir est bancal mais concret, car les deux croient qu’en quittant le système et en reprenant la main elles peuvent encore forcer le destin. Le Premier plan n’est pas encore mort, mais il devient impossible à tenir sans mutation.

Note méthode

Dans ce scénario, le Midpoint fonctionne surtout comme un Changement de Dynamique : on passe d’un parcours PMA bancal mais identifiable à une cavale où on sort des sentiers battus. Le point de bascule dramatique est moins un grand renversement spectaculaire qu’une requalification du moteur même du film : on s'enfonce de plus en plus dans les chemins de traverse, les compromis, et les tensions.

À piquer pour ton scénario

  • Faire du Midpoint une requalification du genre intime du récit.
  • Donner à chaque personnage un nouvel espoir, mais un nouvel espoir tordu.
  • Utiliser le Midpoint pour transformer le problème, pas seulement l’agrandir.
Séquence 5 Le Deuxième plan (infiltrer, négocier, arracher ce qui ne vient pas) Deuxième plan

Deuxième plan d’Inès & Lucie

Remonter jusqu’à Baudouin, s’infiltrer dans son monde, et obtenir de lui ce que le système n’a pas su leur donner.

Ce qui se passe dans le film

Le film commence ici à Dévoiler le Deuxième Plan lié à l’évolution de son Pentaxe. Lucie prend le lead, accepte les chemins de traverse, ce qui touche Inès, qui n'a plus l'impression de se battre seule. Elles continuent de se faire balader en cherchant Baudouin, finissent par trouver des infos en soumsoum, découvrent que Baudouin fait partie d'une grande famille aristo, et s'infiltre dans le domaine privé du château.

Impact sur Inès & Lucie (Pentaxe)

Le Deuxième plan vient d’un déplacement interne. Lucie, qui résistait, s’engage enfin à fond, mais pas parce qu’elle y croit mieux : parce qu’elle ne veut plus laisser Inès seule dans cette bataille, de peur de la perdre. C’est donc un rapprochement, oui, mais un rapprochement qui les entraîne encore plus loin.

À piquer pour ton scénario

  • Faire du Deuxième plan une mutation profonde de la position psychique, pas juste un nouveau stratagème.
  • Montrer qu’un plan plus profond n’est pas forcément plus juste.
  • Utiliser la contradiction comme moteur concret d’action.
Séquence 6 La crise du pire du pire (chantage, repas de famille, chasse, et garde à vue) Deuxième plan

Ce qui se passe dans le film

Au château, tout dégénère : elles se rendent compte que la famille de Baudouin n'est pas au courant qu'il donne son sperme à toute la Belgique, elles lui font un chantage, et elles se retrouvent au repas de famille, pas du tout les bienvenues... Inès veut faire machine arrière étant donné que la situation est un peu glauque (c'est ça l'histoire qu'elles vont lui raconter à cet enfant ?) mais Lucie ne l'entend plus, maintenant elle y va à fond quitte à "extorquer" le don (Baudouin est consentant, pas de panique). La mère de Baudouin débarque au "pire" moment, et la famille d'aristo les pourchasse dans leur domaine, les chiens de chasse aux trousses. Tout ça se finit en garde à vue.

Impact sur Inès & Lucie (Pentaxe)

Ce qui devait être une opération de secours devient un désastre total, public et ridicule. Pour Inès c'était l'espoir de la dernière chance, et Lucie, qui avait tellement peur d'être "hors les clous" finit en garde à vue (avec Inès bien sûr). Pour Inès, la Plus grande peur semble se réaliser : non seulement il n’y a toujours pas d’enfant, mais sa peur du vide semble s'être installée entre elle et Lucie, qu'elle ne reconnaît plus. Pour Lucie, la sienne se réalise aussi : elle se retrouve au cœur d’une situation grotesque, humiliante, totalement contraire à ses valeurs. Et Inès la tient pour responsable. Elles ont tout perdu.

À piquer pour ton scénario

  • Faire du pire du pire une conséquence logique du plan précédent, pas un accident tombé du ciel.
  • Confronter directement la Plus grande peur des personnages.
  • Laisser la crise détruire aussi le mensonge que les personnages se racontaient.
Séquence 7 La renaissance (la chambre d’enfant, le face-à-face, la relecture du vrai manque) Vers le troisième plan

Ce qui se passe dans le film

De retour en France, Lucie met des mots nets sur l’étouffement qu’elle vit, et le sentiment de ne plus exister depuis des mois. Elle claque la porte. Inès se retrouve seule face à la chambre d’enfant et à ce qu’elle a laissé grossir. Plus tard, le cousin d'Inès l'aide à relire ce qui s’est joué : cet enfant elle le voulait avec Lucie, et elle l'a complètement oubliée en chemin.

Impact sur Inès & Lucie (Pentaxe)

Inès commence à ouvrir vers le Troisième plan : elle revoit son Totem, non comme fantasme de famille parfaite, mais comme capacité d’aimer réellement. On n’est plus dans l’agitation, mais dans un temps de décompression et de vérité : les événements passés changent de sens parce qu’ils sont enfin regardés autrement.

Note méthode

La Renaissance passe ici par une relecture. Inès commence à distinguer son vrai désir de la machine dans laquelle elle s’était enfermée. Le Totem du cocon n’est plus accroché à l’enfant fantasmé à tout prix, mais à la raison première de cet enfant : son couple avec Lucie.

À piquer pour ton scénario

  • Faire de la renaissance une relecture de la mauvaise question de départ.
  • Utiliser un lieu chargé dès le début pour devenir espace de reconfiguration.
  • Montrer qu’un personnage commence à renaître quand il reformule mieux son manque.
Séquence 8 Le Troisième plan (retour au bar, demande en mariage, une autre manière de faire famille) Troisième plan

Troisième plan d’Inès & Lucie

Sauver le couple avant de sauver le projet, et refaire de la place pour une famille qui ne passe plus par la destruction malgré les injustices du système.

Ce qui se passe dans le film

Inès retrouve Lucie au bar où tout avait commencé, lui demande pardon et la demande en mariage en reconnaissant ce qu’elle a perdu de vue. L’épilogue les montre mariées, apaisées, tenant un chaton : solution déplacée qui ne remplit pas le manque initial de la manière attendue mais répond pleinement à ce que le film travaillait en profondeur. À la toute fin, le cousin d'Inès porte un toast de solidarité pour les galères qu'elles ont enduré, ce qui lance un élan de solidarité parmi les hommes de l'assistance, qui promettent de faire des dons de gamètes. Les prémices de la future belle histoire à raconter à leur enfant.

Note méthode

Le Troisième plan répond ici à la question dramatique sans réaliser littéralement l’Objectif initial. C’est important : la résolution n’est pas “elles ont enfin le bébé”, mais elles remettent leur couple et leur idée de famille au centre. Le Troisième plan est donc existentiel avant d’être narrativement “récompensant”.

Impact sur Inès & Lucie (Pentaxe)

Le Troisième plan est assumé. Chez Inès, le Totem de cocon est mieux habité, sa Plus grande peur n’est pas supprimée mais apprivoisée : elle n’a plus besoin qu’un enfant vienne garantir la valeur de leur amour. Chez Lucie, le Totem de vérité et de liberté n’est plus étouffé sous le sarcasme et le contrôle. La contradiction des deux trouve une forme d’équilibre : aimer, oui, mais sans se perdre en chemin.

À piquer pour ton scénario

  • Faire du dernier mouvement une réponse à la question dramatique, pas à l’Objectif initial.
  • Clore sur une image qui montre une nouvelle manière d’être au monde.
  • Assumer une résolution décalée si elle est plus juste que la récompense attendue.